Projet AgrAir : réduire la pollution atmosphérique grâce aux matière organiques résiduelles

Le projet Agr’Air, coordonné par le Geres et financé par l’Ademe, avait pour objectif de réduire de la pollution atmosphérique liée :

  • au brûlage au champ des résidus de filière arboricole et viticole
  • à la gestion non optimisée des fumiers équins (et à la fertilisation minérale)
  • et à la valorisation de la biomasse agricole locale (broyage des résidus et fertilisation organique par des effluents d’élevage équin).

Du 30 novembre 2017 au 29 juillet 2021, les partenaires IRA2E et CITEPA ont étudié et testé le broyage des résidus de tailles et de renouvellement des parcelles en viticulture et arboriculture. Utilisé directement sur site ou distribué en circuits courts (autres agriculteur-ices, collectivités, paysagistes), les broyats sont une véritable alternative au brûlage.

L’autre volet du projet réside en l’optimisation de la gestion des fumiers équins des exploitations en organisant notamment des circuits d’approvisionnement et de compostage agricole de ces fumiers. Ainsi, les émanations d’ammoniaque sont limitées et la fertilisation organique des sols est renforcée par cet approvisionnement local.

Des alternatives au brûlage et valorisation de la biomasse ligneuse

Afin de transformer les résidus de taille et d’arrachage lors du renouvellement des parcelles en ressources organiques ou énergétiques plutôt qu’en source de pollution atmosphérique, un diagnostic territorial initial a été réalisé et 9 chantiers pilotes ont permis un suivi agronomique des pratiques et impacts. En arboriculture, c’est le broyage intégral avec restitution de la matière organique au sol qui a été privilégié. En viticulture, les travaux ont porté sur le broyage des ceps pour alimenter la filière bois-énergie ou le compostage.

En évitant le brûlage à l’air libre de 236,9 tonnes de biomasse en arboriculture et 297 tonnes en viticulture,  le projet a permis de prévenir l’émission de 3,27 tonnes de PM10 et 3,1 tonnes de PM2,5.

Structuration de la fertilisation organique et valorisation des fumiers équins

Afin de réduire l’usage des engrais minéraux tout en limitant les émanations d’ammoniac au stockage et à l’épandage, il s’agissait d’organiser la rencontre entre les gisements équins et les besoins des filières végétales (maraîchage, arboriculture, viticulture). Pour lever les contraintes logistiques du transport et du matériel, la Filière Cheval et AGribioVar ont accompagné la constitution de la CUMA « Equicompost Sud Var ». Cette structure coopérative réunit éleveur-euses et maraîcher-eres pour mutualiser bennes, tracteur et épandeur afin d’assurer un stockage, un compostage et un épandage réguliers.

En valorisant ainsi 60 tonnes d’azote organique issue des fumiers équins, le projet a évité l’épandage d’une quantité équivalente d’engrais minéraux, prévenant l’émission de 37 tonnes d’ammoniac

Sensibilisation, transfert de compétences et ancrage pédagogique

Le changement durable de pratique s’appuie sur la preuve par l’expérimentation et le partage d’expérience entre pairs. Afin d’outiller ces pratiques, 25 supports de communication (plaquette, 5 vidéos thématiques, 4 fiches de synthèse technique, page web dédiée) ont été réalisés. Un sentier pédagogique sous forme de course d’orientation (9 panneaux sur 3 km) a été installé au Campus agricole Louis Giraud à Carpentras pour former les apprenants et sensibiliser le public. Enfin, l‘organisation de chantiers ouverts et l’événement final ont rassemblé plus de 75 agriculteur-ices, conseiller-es et étudiant-es autour de témoignages directs de praticien-nes et de prestataires.

Faisabilité technico-économique et ingénierie de la finance carbone

Pour inscrire ces pratiques dans la durée, l’IRA2E et ses partenaires ont étudié leur viabilité économique et leur éligibilité aux financements carbone, au travers notamment :
  • de la caractérisation fine des surcoûts d’intervention (déferraillage, prestations d’arrachage-broyage) et des adaptations matérielles nécessaires.
  • d’une étude de faisabilité pour valoriser la substitution d’énergies fossiles et la séquestration de carbone dans les sols au sein des méthodes du Label Bas Carbone, ouvrant la voie à une rémunération des agriculteur-ices pour couvrir les surcoûts de chantier

 

Télécharger la fiche synthétique alternatives au brûlage en arboriculture

Télécharger la fiche synthétique utilisation du fumier équin – compostage 

Télécharger la fiche synthétique utilisation du fumier équin – création d’une CUMA

Télécharger la fiche synthétique alternatives au brûlage en viticulture

Retrouvez les vidéos du projet Agr’Air sur : https://www.youtube.com/@ira2e