la traction en vigne aujourd’hui
La traction équine en vigne représente une solution durable pour la viticulture française, alliant tradition et innovation. Elle permet aux viticulteurs de réduire l’impact environnemental de la mécanisation tout en maintenant une efficacité économique élevée. Selon la Synthèse nationale du Réseau Équin 2025, les exploitations spécialisées dans ce mode de travail utilisent des chevaux de trait pour le travail du sol, le débardage, les services urbains et le tourisme.
Historiquement, les chevaux ont été les moteurs de l’agriculture française avant la mécanisation. Aujourd’hui, la traction équine revient comme un levier écologique, particulièrement adapté aux vignes en pente, parcelles étroites et terrains fragiles, où les machines motorisées sont moins efficaces et plus impactantes pour le sol.
Vous pouvez retrouver les synthèses du réseau équin
Caractéristiques des exploitations en traction équine
Taille et surface des structures
Les structures étudiées sont de petite taille, avec :
- Surface agricole utile moyenne : 16 ha
- Surface fourragère principale : 16 ha
- Équidés présents : 12 en moyenne, dont 6 destinés à la traction
Ces exploitations mettent l’accent sur la qualité plutôt que la quantité, optimisant chaque cheval pour le travail en vigne ou dans d’autres prestations.
Équidés et répartition des activités
- 52 % des équidés sont dédiés à la traction
- 30 % à l’élevage
- 18 % au sport et loisir
Cela montre une forte spécialisation des structures pour le travail de traction.
Main-d’œuvre et UMO
- Main-d’œuvre totale moyenne : 1,88 UTM
- Salariés : 0 à 4 par exploitation
- UMO équidés de traction : 1,80 en moyenne
La faible main-d’œuvre reflète la polyvalence des chevaux et l’efficacité du système.
Prestations et typologie des services
Travail du sol en vigne
Le travail du sol constitue la prestation principale, représentant 67 % des heures de traction et générant 65 € par heure en moyenne. Cette activité inclut :
- Labour léger et préparation du sol
- Gestion de l’enherbement
- Préservation de la structure du sol
Débardage et services urbains
Certaines exploitations diversifient avec :
- Débardage : 143 h/an, 43 €/h
- Services urbains : 318 h/an, 38 €/h
Ces activités offrent des revenus complémentaires et valorisent les chevaux dans différents contextes.
Tourisme et loisirs
Activités touristiques (promenades en calèche, animations locales) :
- 55 h/an en moyenne
- 62 €/h
- Améliore la visibilité et l’attractivité de l’exploitation
Heures de traction et organisation du travail
Moyenne d’heures par équidé
- 231 h/an par cheval dédié à la traction
- La majorité des heures est consacrée au travail du sol, avec une optimisation de la main-d’œuvre.
Répartition des travaux
| Type de prestation | % des heures | Tarif moyen (€ / h) |
| Travail du sol | 67% | 65 |
| Débardage | 9% | 43 |
| Services urbains | 20% | 38 |
| Tourisme/Loisirs | 4% | 62 |
Analyse économique des exploitations
Chiffre d’affaires et produits par équidé
- Produit moyen par équidé de traction : 13 213 €
- Produit brut total moyen : 106 156 €
- Charge opérationnelle par équidé : 1 272 €
Les aides publiques sont rares (2 % du produit brut en moyenne), ce qui souligne la viabilité économique indépendante de ces structures.
Charges opérationnelles et de structure
- Charges de structure : 47 % du produit brut
- Main-d’œuvre : poste principal
- Matériel et bâtiments : charges significatives mais maîtrisées
Revenu disponible et EBE
- EBE médian / UMO exploitant : 23 312 €
- Revenu disponible médian : 22 312 €
- Ratio équidé / UMO : 10,23
Ces indicateurs démontrent que la traction équine est rentable et peu endettée, malgré la petite taille des exploitations.
Alimentation et gestion des fourrages
- Fourrage moyen distribué : 1,91 t.MS / équidé / an
- Concentrés : 290 kg / équidé / an
- Pâturage : 52 %
- Fourrages achetés : 33 %
L’autonomie fourragère varie selon les exploitations, certaines étant totalement dépendantes du pâturage et des récoltes internes, d’autres achetant la majorité de leur alimentation.
Avantages agronomiques de la traction équine
- Réduction du tassement du sol
- Préservation de la vie microbienne
- Maintien de la structure biologique du sol
- Meilleure accessibilité aux parcelles étroites ou pentues
Ces points contribuent à une viticulture durable et respectueuse de l’environnement.
Avantages techniques et pratiques
- Polyvalence des outils (butoirs, interceps, décavaillonneuses)
- Adaptation aux vignes étroites et en pente
- Flexibilité pour intervenir rapidement après la pluie
Évolution récente des résultats (2023/2022)
- Revenu disponible / UMO : baisse de 22 049 € à 18 353 €
- Produit brut : stable, parfois en augmentation
- Efficacité économique : environ 40 %
Malgré la baisse du revenu disponible, la rentabilité reste élevée.
Comparaison avec d’autres activités équestres
| Activité | Produit / équidé (€) | EBE / UMO exploitant (€) |
| Traction équine | 9 000 | 23 312 |
| Centre équestre | 3 500 | 16 600 |
| Écurie de pension | 4 700 | 14 300 |
La traction équine requiert moins de chevaux et offre un meilleur ratio revenu / UMO.
Facteurs de succès et recommandations
- Formation spécialisée pour le cheval de travail
- Optimisation du chiffre d’affaires via prestations diversifiées
- Gestion efficace du temps et de la main-d’œuvre
Impact environnemental et durable
- Réduction des émissions de CO2
- Gestion durable des sols et des ressources
- Intégration dans des pratiques agroécologiques
Conseiller/conseillère

Ingénieur agronome, Jérôme DAMIENS a intégré la Filière Cheval Sud en 2009. Il mène différents projets de développement de la filière équine et participe au réseau REFErences au travers de la réalisation de l'Observatoire Economique Régional et de l’acquisition de références technico-économiques équines. Pour ce faire, il utilise le logiciel DIAPASON. Il travaille sur l’essaimage des bonnes pratiques énergétiques, sur la valorisation du fumier ainsi que sur les coûts de production de la filière équine.Il a été formé au logiciel DIALECTE et à DIA’TERRE afin d’agir sur les enjeux énergétiques et de diagnostiquer des fermes et réaliser des plans d’actions dans le cadre du programme AGIR+.
Depuis il développe ses compétences sur les sujets énergie, qualité de l’air, diagnostics carbone et adaptation au changement climatique à travers les nombreuses actions portées par l’IRA2E.
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