Biodiversité de sols en cours de restauration lors de leur mise en jachère : des interactions plus fortes entre organismes, un flux plus important de carbone vers le sol.
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Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés à l’évolution de la biodiversité au cours du temps lors du processus de restauration de sols mis en jachère à l’aide d’une chronoséquence s’étalant jusqu’à 31 ans de non culture des sols. Les analyses de biodiversité et d’interactions entre organismes ont été associées à celles de l’incorporation du carbone au sein du réseau trophique du sol en utilisant du dioxyde de carbone marqué (13C).
L’analyse montre qu’un renforcement des réseaux de connexions entre organismes du sol s’est accompagné d’un transfert accru de carbone vers le sol : dans les sols non cultivés depuis plus longtemps les plantes présentaient moins de carbone provenant de la photosynthèse dans leurs racines alors que les consommateurs, tels que les nématodes et les champignons, contenaient l’essentiel du carbone marqué. Ainsi, les champignons ont incorporé les trois quarts du carbone marqué dans les sols mis en jachère depuis longtemps mais seulement la moitié de celui-ci dans les sols mis en jachère récemment.
Ces modifications n’ont pas été associées à une augmentation de la biomasse fongique mais plutôt à une augmentation de la proportion de groupes microbiens consommateurs de carbone et à une plus grande connexion des organismes entre eux.
L’ensemble de ces résultats montre que le réseau de connexions entre organismes est renforcé avec le temps de mise en jachère du sol et se traduit par une plus grande incorporation du carbone issu des plantes via en particulier les champignons du sol.
Ces résultats innovants ouvrent des perspectives stimulantes pour la gestion durable des sols promouvant le transfert de carbone vers les sols et en phase avec l’objectif d’augmenter annuellement de 4p1000 le stock de carbone des sols.